Project CARS (PS4) : Je vais à fond à fond à fond, et après…

Il faut bien avouer que dans le royaume des jeux de course, depuis quelques années, on se fait quand même bien chier. Alors que les années 2000 ont foisonné de titres excellents aussi bien en arcade qu’en simulation, la décennie actuelle est bien moins passionnante : Gran Turismo n’arrive plus à justifier son planning de retards, Forza est devenue une série banale, les pseudos-Need For Speed en monde ouvert (qui a dit Forza Horizon?) sont légion, et même les séries plus pointues comme Colin McRae ou GTR ont mis la clé sous la porte. Un constat que Project CARS tente de remettre en cause, mais en a-t-il les moyens?

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Commençons par les banalités : le parti pris du jeu est clairement celui de la simulation. Vous rêvez de péter des chronos au volant d’une Formule 1, ou d’avaler les tours du Nürburgring avec une Audi R10 et ses 650 étalons prêts à charger? Laissez-moi vous dire qu’à moins d’être un habitué du genre, tenter ce genre de courses est suicidaire. Avant d’arriver en haut de l’échelle, il va falloir commencer par la base, mais Project CARS propose une soixantaine de véhicules, une trentaine de pistes variées et 16 compétitions pour vous faire les dents petit à petit. Le mode Carrière s’articule logiquement sur cette progression, en enchaînant les formules de plus en plus puissantes et les championnats qui y sont associés. Reste à savoir si vous aurez le niveau pour décoller au-delà du Karting ou de la Formule Clio, et c’est là qu’on sent que Project CARS ne manque pas d’envie de bien faire.

La vue du casque est très bien rendue, le regard du pilote suivant efficacement la direction de la piste.

Comme dans la vraie vie (oui cette expression est naze, mais je suis pas toujours inspiré!), chaque type de véhicule à une prise en main particulière et le rejeton de Slightly Mad Studios fait très bien le boulot de ce côté-là. Voyez en quelque sorte ce jeu comme un Dark Souls du jeu de course, ou la moindre victoire même dans la formule la plus « modeste » va vous demander du temps pour assimiler le fonctionnement du véhicule et surtout, dompter la piste ou vous allez courir. Mais le jeu est fort pour retranscrire les réactions des différentes voitures et monoplaces, ainsi que les sensations de vitesse et de collision avec les aspérités des circuits. Du coup, même sans avoir un niveau de jeu fantastique, on comprend assez vite comment adapter sa conduite pour éviter de dire bonjour au premier carré de pelouse ou rail de sécurité venu, et comprendre que non, prendre une épingle à cheveux à 150, ce n’est pas une bonne idée. Bien sûr, vous pouvez baisser la difficulté pour moins galérer, mais pour un jeu qui se veut être un simulateur automobile autant qu’un jeu vidéo, personnellement c’est une option que je rebute à utiliser. Y’a pas de mode Facile dans Dark Souls, bande de lâches!

Hé Jean, il est où le volant?

Oui, bon, c’est un peu méchant de troller un pilote avec une aussi longue carrière en F1 et une victoire dans cette catégorie (dans une course pas trollesque du tout, Canada 95, j’ai même regardé en entier pour être sûr!), mais ça me permet d’introduire le premier des deux points noirs de ce titre. Au bout d’une bonne quinzaine d’heures de jeu avec la manette PS4 et avoir testé l’ensemble des motorisations disponibles, le constat est clair : un simulateur, ça se joue au volant, point final. J’explique plus haut que les sensations et les réactions sont bien restituées, mais le contrôle à la manette, sans être si mauvais que ça n’est tout simplement pas adapté. La faute en revient à des gâchettes et sticks analogiques à la sensibilité bien trop élevée, alors que les véhicules les plus puissants ou anciens vous envoient automatiquement dans le mur au moindre geste brusque. C’est simple, réussir un départ arrêté ou une sortie des stands propre en F1 avec une Dual Shock 4 relève du pur miracle. Et je ne parle même pas des formules classiques des années 60 ou 70, qui reviennent à tenter de gagner le Trophée Andros avec un hippopotame bourré au calvados. Ces défauts sont évidemment évitables au jouant au volant, mais entre le budget nécessaire et le choix de modèles compatibles limité (les Logitech G25 et G27, pourtant références sur PC, ne sont pas compatibles avec la PS4), la proportion de joueurs prêts à investir plus de 150€ dans ce type d’appareil risque d’être assez faible. Surtout pour le rentabiliser avec un seul jeu!

 

 

Même avec l’IA, le premier virage se termine souvent avec ce genre de scène…

Mais le maniement de Project CARS n’est pas la seule chose à remettre en cause, et il y un autre défaut qui s’est révélé très vite énervant au rythme des courses : l’intelligence artificielle est BEAUCOUP trop agressive. C’est simple, si elle estime qu’elle peut vous doubler, elle le fera sans la moindre hésitation, quitte à vous arracher un bon morceau de la voiture dans l’opération. Certes, c’est un bon point que vos adversaires ne sont pas réduits à faire gentiment la file indienne comme dans Gran Turismo, et certaines catégories comme les voitures de tourisme sont propices à jouer des coudes et du pare-chocs, mais ça devient ridicule avec des monoplaces où la moindre collision violente est synonyme d’abandon immédiat. Espérons que des patchs sortiront pour rééquilibrer tout ça, d’autant que quelques bugs de collisions et de timers subsistent depuis la sortie du jeu. Je tiens aussi à prévenir que je n’ai pas encore eu l’occasion de tâter du online, donc un point d’interrogation subsiste sur la qualité et la stabilité du jeu sur ce point. Et j’ai déjà eu ma dose de Destruction Derby avec l’IA, donc bon…

Alors, combien d’Alési sur 20?

Honnêtement, ce jeu avait enthousiasmé beaucoup de monde avant sa sortie. On s’attendait à voir débarquer le messie, à coup de démos techniques impresionnantes mais au final, Project CARS laisse une impression assez mitigée. J’aurais tendance à dire que son postulat à mi-chemin entre jeu et simulation, pourtant censé être sa force le dessert plus qu’autre chose : il est bien réalisé et bourré de potentiel en tant que simulateur automobile, mais ses défauts en tant que jeu de course sont du même coup bien plus handicapants. Sur une plate-forme où je le rappelle, une grande partie des joueurs ne sera pas forcément emballée par une expérience de jeu aussi pointue et intransigeante…

Résultat, qu’est-ce qu’on peut conseiller? Si vraiment la simulation pure et dure vous intéresse, le PC et des titres véritablement dédiés comme Assetto Corsa seront un choix plus judicieux dans tous les cas. Sinon, c’est la première véritable simulation sur les consoles actuelles, et un investissement défendable malgré ses défauts. Des défauts qui je l’espère seront corrigés dans un Project CARS 2, jeu dont le développement est déjà sur les rails. En attendant Forza 6 à la rentrée, et GT7 dans une éternité…

PS : Je finis avec une petite vidéo d’Assetto Corsa pour la peine, dédicace à ROGAAAJJ et hommage aux voitures japonaises, absentes de Project CARS à mon grand regret…

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