Nanashor et les MMC : la mise au point.

Vous devez certainement vous demander quelle mouche m’a piqué au moment de me lancer dans ce billet. Outre l’envie de sortir mes plus belles rimes en « é » dans la phrase précédente, je dois avouer que la plupart des personnes qui me suivent ou me connaissent depuis l’époque « Post-JVN » ont un rapport plus ou moins proche avec le streaming ou l’ESport. Et que depuis « l’affaire des MMC » il y a deux ans, m’évoquer lorsqu’on parle de Crowdfunding et de streameuses sur Twitter est devenu une sorte de running gag. Un gag drôle certes, mais quand il éclipse un peu tout le reste, ça perd de son charme.

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C’est la seule fois que vous verrez ce logo ici, profitez-en.

 

Certains m’ont demandé ma réaction à l’annonce de la « fin » de Nanashor, et j’avais volontairement décidé de rester silencieux à propos de ce dénouement. D’une, parce que même si je n’apprécie pas ce que font certaines personnes de cette structure, je ne sais pas tout ce qui s’y fait et si ça se trouve, il y a peut-être des contenus produits sur cette Web TV que j’aurais pu trouver sympathiques à regarder et dont j’ignore l’existence. Peu importe la taille de la chaîne en question, il y aura forcément des choses et des personnes que vous aimez plus ou moins que d’autres, et c’est tout à fait naturel. Pour ceux qui poseraient la question, je suis aussi au courant de la foule de dramas qui proviennent de cette structure, et certains sentent particulièrement mauvais à mon goût. Mais après tout, avoir de la popularité ne fait pas de vous une meilleure personne, quelque soit le contexte.

De l’autre, bah… au départ, j’aimais bien le projet Nanashor, et j’aimais bien Furiie. Ça va peut être vous choquer, mais c’est vrai. En se replaçant dans le contexte de l’époque, on a un groupe de streameuses venues d’Eclypsia (passage prophétique?), sans grandes prétentions, qui décident de se regrouper pour un projet de stream indépendant, et par extension, de motiver d’autres streameuses à se lancer dans l’aventure. A moins d’être un misogyne de première division ou d’avoir une dent contre les personnes en question, pourquoi s’y opposer alors que d’autres structures comme Madmoizerg ou Pink Ward s’en sortent bien? A l’époque, j’étais en train de rédiger un petit article à propos du jeu vidéo au féminin sur Gameblog (qui se trouve toujours ici) et l’idée de faire une petite référence à Nanashor était un truc sympa. Ce dernier date de 2013 mais il n’a jamais été édité depuis, et je n’ai pas l’intention de me renier.

Enfin, la DreamHack a aussi été l’occasion de rencontrer la Scandaleuse en face à face. C’était quelque chose qui me tenait à cœur, même si beaucoup pariaient que l’entretien allait finir en pugilat, moi le premier d’ailleurs. Je ne vais pas vous faire un compte-rendu détaillé de ce qui s’est dit, mais je considère avoir eu ce que je voulais : une discussion franche, sans être pris de haut et sans céder au ressentiment ou à la provocation gratuite. Bref, chacun est libre de prendre ça comme il le veut, d’attendre une suite à toute cette histoire ou non, mais pour ma part, Nanashor c’est fini et globalement, c’est tant mieux. Par contre, des « streameuses » proposant une richesse de contenu inversement proportionnelle à l’exposition de la poitrine ça existait avant, et même au regard de la réputation peu reluisante dont cette Web TV bénéficiait, sa mort ne résout rien. Tout comme les faibles d’esprit qui sont attirés par ce genre de succubes, mais fut un temps, c’était aussi mon cas.

 

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Et celui-là aussi, je vous le jure.

Si je devais résumer tout ce qui s’est passé après cette affaire en trois mots? Putain de revanche.

En fait, il faut se replacer sur l’ensemble de ma « carrière » qui n’en est pas une pour comprendre. Au moment de la sortie de ce fameux article (en Août 2013, et il est ici), j’avais toujours pratiqué ma petite passion tranquillement dans mon coin, notamment pendant les 3 années de l’aventure JVN. Un petit blogueur dans une communauté soudée et sympa, sur un site qui était malheureusement voué à disparaître au fil des déconvenues (et de la liquidation de MER7, boite qui produisait une bonne partie de la presse papier JV française, mais aussi JVN), mais on est pas là pour faire une autobiographie. Tout ça pour dire que jusque-là, j’étais un parfait inconnu qui publiait dans son coin, ce que je suis plus ou moins toujours, et tout allait bien dans le meilleur des mondes.

Par contre, quand ce billet est sorti… Ça a été une sale expérience. L’idée de parler des MMC n’avait pas été prise sur un coup de tête, et je m’attendais à ce que ça fasse grincer des dents, mais à ce point-là, merde. Mes propos sont engagés dans ce texte, mais qu’on soit clair : je les assume. Je suis peut-être quelqu’un de gentil et bienveillant à l’excès, mais danser sur la ligne jaune quand tu demandes à tes fans de financer tes projets, c’est tout simplement hors de question. Et en utilisant un procédé sans cadre juridique, dans un milieu qui se professionnalise « de fait », si y’a une seule connerie commise dans le milieu, c’est le milieu entier qui tremble sur ses fondations. Heureusement, il n’y a pas eu de désastre sorti de tout ça. Pour l’ESport, du moins.

Pour moi en revanche, c’est la seule fois en cinq (bientôt six!) années de rédaction que j’ai eu droit à un tel déchaînement. Certes, il y a eu des bonnes réactions aussi, mais surtout un torrent d’insultes et de haters qui ont bien failli me faire craquer et lâcher tout ce que je faisais, et psychologiquement, je n’étais pas du tout prêt à l’encaisser. J’étais la pire des merdes, un salaud qui faisait ça pour le clic, un « frustré de la vie », et j’en passe.

Et puis, faire ça pour le clic? Sortons les chiffres tiens. Si on s’en tient à Gameblog, un article que je postais faisait entre 300 et 800 vues le premier mois de parution, en dehors des articles en accueil du site qui tournaient autour des 3000. L’article MMC lui en a fait 6000. Et je n’en avais rien à faire, à tel point qu’aux moments où je citais les stats du blog, j’ai souvent précisé son audience sans prendre en compte cet article. 6000 vues alors alors que des sites comme Vakarm ou aAa doivent tourner au grand minimum à 20000 vues par mois. Et pour ceux qui se demanderaient, mon blog à toujours été sous licence Creative Commons, donc non, le Pixel n’a jamais touché un centime de l’Argent de l’ESport, du Speedrun ou même de Julien Chièze. C’est plutôt lui qui en a gagné grâce à moi et de nombreuses autres personnes, mais passons. Je ne m’étendrai pas plus sur le côté « psycho », ce qui ne concerne que moi, et ceux qui me connaissent plus personnellement ont les clés pour lire à travers les lignes.

Et la « revanche » vient de ces mêmes personnes. Malgré tout ce qui a pu se passer, j’ai pu ressortir de très bonnes choses de ce qui a suivi, que ce soit mes passages sur Inesportwetrust (oui, ce site existe, ceci n’est pas une blague) et 4Skill, ou des nombreuses rencontres que j’ai pu faire, sur les réseaux sociaux comme en personne. Et pour moi ça compte beaucoup, au-delà de ma passion pour le jeu vidéo. Et au-delà d’un score d’audience ou de followers, bien sûr. Je n’ai jamais fait la chasse au followers, ni quémandé des retweets ou des dons pour faire avancer mes projets, et ça n’arrivera pas de sitôt. Les gens qui s’intéressent à ma démarche le font spontanément, et c’est ce genre de rapport qui m’intéresse. C’est notamment ce qui me rebute à l’idée de faire du streaming rémunéré ou de faire 8 heures de stream par jour : si vous prenez un cast comme Streets of Rage en speedrun, j’évite de faire des sessions de plus de deux heures simplement parce que je n’ai plus la concentration suffisante passé ce temps-là. Vous n’aimez pas voir des runners streamer 3 heures de resetfest inutiles? Moi non plus.

Pour finir, je vais synthétiser ce que j’ai pu dire à plusieurs occasions sur le Crowdfunding : c’est un outil génial et les rédacteurs, à moins d’être de gros vicelards, n’ont aucun plaisir ou intérêt à cracher sur ce genre de projets. Mais le meilleur comme le pire peut en sortir, et dans la deuxième hypothèse, en l’absence de juridiction ou de vraie régulation, ils sont en première ligne. Et quand vous entendez quasi-systématiquement l’excuse du « Vous n’êtes pas d’accord, vous êtes forcément des haters! » : non, juste non. Un blogueur ou un rédacteur écrit forcément avec une part de subjectivité, on a pas de carte de presse après tout, mais quand il s’agit de projet à visée professionnelle on sait faire la part des choses. Et si vous me demandez si j’irai taper la discute avec Zerator, avec le sourire et la poignée de main, la réponse est non.

 

Bref. Ce billet est certainement un peu décousu mais à mon sens, nécessaire. J’en suis à une période de grands changements par rapport à tout ce que je produis sur Internet, entre la fin de la période 4Skill et le début des streams dont je suis globalement satisfait. Je me devais donc de refermer ces petits sujets problématiques, histoire d’aborder la suite sereinement, mais si certains veulent discuter calmement de tout ça, je répondrai aux questions sans souci, ici ou sur Twitter. L’avenir de mon activité se jouera peut-être avec un autre staff, ou exclusivement avec le streaming, mais je n’écarte aucune possibilité pour le moment. Tout comme je n’exclus pas de tout arrêter quand je considérerai avoir fait le tour de la question.

En attendant, des punks farceurs me barrent toujours la route de la gloire sur Streets of Rage. Mais ça, on peut y remédier… 😉

PS : comme vous êtes arrivé au bout de ce pavé, voila du punk en cadeau, c’est moi qui régale.

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2 réflexions sur “Nanashor et les MMC : la mise au point.

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