Seiken Densetsu 3 (SNES) : vous n’auriez pas vu une épée légendaire, par hasard?

C’est un peu par hasard que cette review s’est imposée à moi. Après avoir soufflé le nom du jeu à la toute fin de mon cast sur Secret of Mana (on voit actuellement avec Atylon pour enregistrer la suite), j’ai donc décidé de reprendre les recherches sur ce titre, pour finalement tomber sur une traduction française, certes d’origine amateur, mais satisfaisante. J’ai donc enfin pu jouer et comprendre cet épisode « oublié » de la série, car jamais édité en dehors du Japon.

 

Il y a d’abord quelques éléments que je voudrais remettre en lumière pour les plus jeunes d’entre vous : à l’époque de la Super Nintendo, la seule « série » de jeux de rôle made in Square connue chez nous est celle des Mana, bien avant la sortie de FF7 qui sera le premier à être diffusé mondialement, et Secret of Mana obtenant un joli score de 330000 copies écoulées hors Japon, on peut donc penser qu’une suite était attendue par les joueurs occidentaux.

Sauf que, apparemment pour des raisons de bugs divers et de problèmes de traduction, Seiken 3 ne sera jamais exporté. A l’époque, traduire le jeu en dehors du Japonais aurait été impossible par manque de place, le jeu « de base » utilisant déjà une cartouche de 4 Mo, le maximum possible pour la console. C’est peut-être d’ailleurs la raison de la sortie du « lot de consolation » qu’est Secret of Evermore, un « Mana américain » très réussi qui lui ne sortira jamais au Japon! Comme quoi…

 

Je suis resté coincé un moment devant cet écran. Choisir son héros, c'est plus dur qu'il n'y paraît!

Je suis resté coincé un moment devant cet écran. Choisir son héros, c’est plus dur qu’il n’y paraît!

 

Un héros acheté, cinq offerts!

J’exagère peut-être un peu avec ce titre, mais je vais m’expliquer. Au lieu de suivre un seul héros dans sa quête pour sauver le monde (puisque le sauvetage dudit monde est FORCÉMENT livré avec son lot d’emmerdes à endurer), Seiken 3 nous propose de faire le choix parmi six héros aux profils différents, pour créer une alliance de trois personnages. Le premier définit le fil principal du scénario, tandis que les deux qui l’accompagnent amènent leurs propres histoires et événements, les 3 derniers faisant de simples apparitions en tant que PNJs. Autant dire que niveau durée de vie, le concept proposé offre un sacré potentiel de nuits blanches…

Un potentiel qui sera peut-être écorné au moment d’en venir au gameplay, et surtout à son système de combat. Car si ce dernier reprend les bases posées par Secret of Mana (des combats en temps réel, une jauge de fatigue, des magies…), les gars de chez Square ont voulu rendre les affrontements plus nerveux et intuitifs. Et si le premier objectif est réussi, mon avis est déjà plus mitigé sur le second… même si les coups spéciaux sont bien plus faciles à sortir et le Ring Command Menu encore plus rapide à utiliser pour la magie ou les consommables, la faute revient à une caméra un peu trop éloignée de l’action voire parfois obstruée, et surtout à l’absence d’un vrai système d’esquive.

Au final, le rythme global du jeu est moins haché et les affrontements sont plus nerveux, mais ceux qui comme moi ont ravagé le précédent opus dans tous les sens vont peut-être avoir du mal à accrocher. Massacrer un ennemi avec des coups spéciaux c’est rigolo, mais se faire molester soi-même sans pouvoir réagir risque de rebuter certains d’entre vous.

Difficile de faire mieux niveau esthétique... Square a fait du chemin depuis FF4!

Difficile de faire mieux niveau esthétique… Square a fait du chemin depuis FF4.

Je vous ai dit que c’était beau?

Quand on parle des plus beaux jeux graphiquement sur la SNES, des noms comme Final Fantasy 6 ou Yoshi’s Island reviennent souvent, et certains mentionnent même Secret of Mana (j’allais oublier de citer les jeux Rare, comme DK Country…). Eh bien je peux vous assurer qu’après quelques minutes de jeu, vous inclurez Seiken 3 dans votre liste personnelle. Le cachet « enfantin » et les couleurs vives, marque de fabrique de la série Mana pousse ici la 16 Bits de Nintendo dans ses derniers retranchements : les paysages, les cut-scenes accompagnés du Mode 7, les personnages, les villes, il n’y a absolument RIEN à jeter dans ce jeu. Personnellement, je suis curieux de voir ce qu’une telle qualité graphique aurait donné avec un côté plus sérieux, mais une telle maîtrise force l’admiration.

Le constat est aussi positif au niveau sonore, et pour cause : Hiroki Kikuta, le compositeur en charge de SoM a rempilé pour ce nouvel épisode. Les musiques sont certes assez discrètes (leur volume est étrangement bas…), mais les compositions qui accompagnent le joueur dans son périple sont très agréables, peut-être même un cran au-dessus de celles de l’épisode précédent. Question de goût certainement, vu que la musique est la partie la plus subjective d’une review (et aussi que les thèmes n’ont pas pour but de rendre l’action dramatique dans ce jeu, comme dans FF6), mais pour une console dépassée techniquement, ça reste une belle prestation. Eh oui, la Saturn et la PS1 avaient déjà un an le jour où ce jeu est sorti! C’était ça ou se taper des jeux d’exception comme Virtual Hydlide ou Toshinden… ou Panzer Dragoon, si vous avez bon goût.

 

Les boss sont souvent "d'un très beau gabarit", mais les premiers restent faciles à vaincre.

Les boss sont souvent « d’un très beau gabarit », mais les premiers restent faciles à vaincre.

 

Un dernier donjon, pour la route…

Parce qu’il faut être clair, si vous avez un jour la curiosité de jouer à Seiken Densetsu 3, vous n’aurez pas fait le voyage pour rien. Pas pour le fait d’une éventuelle difficulté, la série des Mana étant bien équilibrée et plutôt conciliante, et malgré quelques problèmes de lisibilité cet épisode reste abordable même pour les novices de la série. Mais plutôt pour celui que ce jeu est un véritable classique oublié, comme on a rarement l’occasion d’en voir. Esthétiquement au sommet de son art, bourré de bonnes idées et de petits détails (par exemple le cycle jour-nuit, favorisant à chaque journée un élément magique précis…), on sent que ce jeu a fait l’objet d’un soin tout particulier dans sa réalisation. Et la vingtaine d’heures nécessaire pour en venir à bout, fortement rallongée par les différents scénarios possibles, vous donnera tout le temps pour vous en rendre compte.

En bref, cet opus est sans conteste un très bon cru, mais ses petits défauts font que j’ai du mal à en faire mon favori, à la place de Secret of Mana. La meilleure chose à faire est de vous frotter aux deux afin de vous forger votre propre opinion, la mienne étant fatalement biaisée par les années passées sur ce dernier. De toute manière, vous ne le regretterez pas, dans un cas comme dans l’autre!

 

NOTE FINALE : 17/20 (18 pour Secret of Mana, en bon fanboy que je suis!)

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s