Radiant Silvergun (Saturn) : Nous n’avons pas les mêmes patterns…

Sous cette accroche un tantinet snob se cache une réalité. Autrefois omniprésent et très populaire, le Shoot’Em Up est devenu depuis vingt ans une catégorie élitiste, voire même sectaire, du jeu vidéo, avec la mode des Danmakus [1]. Des titres très techniques, peu médiatisés car unis par un lien fusionnel à l’arcade et des communautés de joueurs parfois confidentielles (comme pour la série Touhou) : pas facile donc pour un débutant de se frotter à une avalanche de boulettes fluo et autres joyeusetés de fin de niveau qui prennent tout l’écran. Et pourtant…

 

Radiant-silvergun-logo

« Ça fera 300€, Monsieur. »

 

 

… des titres qui prétendent mettre tout le monde d’accord, néophytes comme experts, il en existe quelques-uns et Radiant Silvergun est un de ceux-là. Ce jeu développé par des anciens de Konami cherche à synthétiser tout ce que fait le sel du « Shmup »… et à réinventer quelques poncifs du genre, en passant. Oui, quand on vient de la boite qui a pondu Gradius, Contra et Green Beret, on peut se la jouer grand seigneur.

Premier contact avec l’ennemi, et la légende…

Et chose surprenante pour un Shmup, l’aventure commence doucement, une sorte de calme avant la tempête. Le temps d’admirer des graphismes faisant honneur à la Saturn, tout d’abord. C’est beau, c’est fluide, ça a bien vieilli pour un jeu de l’époque… Radiant est d’abord sorti sur borne d’arcade (sur le STV-1 de Sega, qui est l’équivalent d’une Saturn), et ça se sent.

On en profite aussi pour faire l’inventaire de l’armement du Silvergun (le petit nom de notre coucou) avant de passer aux choses sérieuses, et c’est de là que vient que vient la première surprise. En effet, au lieu d’avoir un tir de base et une foule d’option à ramasser en cours de jeu, ce dernier nous gratifie tout de suite de six « options » [2] qui sont utilisables à tout moment. Entre le classique Vulcan, les tirs guidés et autres lasers, on a de quoi parer à toute éventualité… et si ça ne suffit pas, la Radiant Sword vous permet d’absorber certains tirs pour déclencher une énorme attaque, vous rendant aussi invincible pendant un court instant! Eh oui, les gentilles bombes qui nettoient l’écran mieux que Monsieur Propre, ça aussi c’est du passé.

 

La Radiant Sword : c’est beau, pratique, mais de courte durée.

 

 

Bref, les premières minutes de jeu ont l’avantage de mettre en confiance le joueur, entre une réalisation de qualité et une jouabilité souple et agréable. Mais c’est après ces fameuses minutes qu’on se rend compte de ce qui fait le sel de ce jeu. Parce que passé le premier boss, bienvenue en Enfer!

 

Et là, c’est le drame (pour les meilleurs, juste la guerre) !


Ça péte de partout, les ennemis arrivent par douzaines et s’assurent de bien avoir vidé leur stocks de munitions avant de passer de vie à trépas. Toutefois, contrairement à un Danmaku plus classique  comme DoDonPachi, l’écran n’est pas si chargé que ça : pour faire honneur au vieux titres d’antan, beaucoup de passages seront parsemés d’obstacles naturels, statiques ou mobiles. Et autant appeler un chat un chat : ce jeu est une merveille de level design. Pas une seule portion de niveau ne ressemble à une autre, chaque nouvelle situation demande une bonne dose de réflexion pour être comprise, et autant de réflexes pour en triompher. Radiant reste un jeu à la difficulté assez élevée, dans la moyenne du genre, mais il n’est jamais frustrant ou injuste. Un atout qui distingue souvent les meilleurs jeux…

Mais il reste encore la cerise sur le gâteau. Ou plutôt les cerises, puisqu’il y en a deux! J’ai évoqué en début de review l’éventail d’armes dont vous disposez, mais pas comment elles évoluaient. La réponse est simple : avec de l’expérience et des niveaux, comme un bon vieux jeu de rôle! Chaque élément de votre arsenal, sauf la Radiant Sword, est réparti en 3 catégories (Vulcan, Homing et Spread) avec des barres d’expérience distinctes, et peut donner de l’XP à une partie, ou à deux en même temps. Du coup, même si vous privilégiez une ou deux armes sur les six, aucune ne sera laissée de côté. Simple en théorie, original et efficace à souhait manette en main.

 

Vous mettre en cage pour mieux vous bombarder : pas banal!

 

Bilan de la bataille : pas fini de compter les morts…

En fait, on s’en fout de les compter. Par contre, compter les points et faire péter les high scores, c’est bien le principal défi des Shoot’Em Up. Et dans ce domaine, Radiant Silvergun est diabolique, vu qu’il autorise les techniques les plus folles pour affoler les compteurs. Tromper la mort avec les tirs ennemis et les murs, enchaîner certaines cibles au risque d’en épargner d’autres, employer les techniques les plus dangereuses contre les boss… Vous y avez pensé? Les petits gars de chez Treasure, eux aussi! Le défi du score est peut-être devenu une discipline obsolète avec l’évolution du jeu vidéo (et la « mort » de l’Arcade, les deux sont liés), mais le défi que ce jeu propose déborde de bonnes idées. Si vous n’avez jamais recommencé un morceau de stage pour grappiller quelques points supplémentaires, ce jeu va changer vos petites habitudes. Et une chose est sure : vous allez aimer ça!

Au final, ce petit bijou pour collectionneurs n’a pas usurpé sa réputation de jeu légendaire. Chaque petit détail, qu’il soit technique ou artistique, est réalisé avec le plus grand soin, et même un joueur n’ayant jamais touché à un Gradius ou un R-Type de sa vie ne restera pas indifférent face à autant de qualités. Un jeu fait par des amoureux du jeu vidéo, comme je me plais à le dire, et surtout POUR des amoureux! Bon, ne rompez pas avec votre moitié après lu cette review, mais… quand même, une dernière partie pour la route?

 

NOTE FINALE : 20/20 ! Comme ça, cash!

 

Bonus : comme vous pouvez le voir, Radiant a été porté fin 2011 sur XBox 360 uniquement, dans une version « restaurée ». Au programme : des options graphiques à foison (notamment une version HD), un mode Replay, et des modes de jeu supplémentaires, le tout pour 10€. Si vous ne savez pas quoi faire de votre stick arcade après une session de SF4…

 

[1] : « Danmaku » signifie littéralement en japonais « rideau de balles ». Difficile d’être plus explicite sur ce qui vous attend!

[2] : le nom des améliorations du Vic Viper, le vaisseau de la série Gradius.

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