Jade Cocoon (PS1) : Ni no Kuni, before it was cool?

S’il y a bien une de mes manies que j’apprécie, c’est de profiter de la sortie d’un jeu pour en parler d’un autre, sorti bien des années avant. Surtout quand les deux feraient presque figure d’ovnis à côté de leurs contemporains, et qu’ils semblent partir sur de bonnes bases. Je ne parlerais pas beaucoup plus de Ni no Kuni vu que je n’ai pas encore eu l’occasion d’y jouer, mais il faut avouer qu’entre le bijou de chez Level 5 et son « ancêtre » de chez Crave, il y a comme un air de ressemblance…


Sorti fin 99 en France, Jade Cocoon : la Légende de Tamamayu se présente sous la forme d’un jeu de rôle pas comme les autres. S’il fallait résumer en quelques mots, je dirais qu’il s’agit du croisement entre Pokemon, Final Fantasy et aussi un peu du Studio Ghibli (mondialement connu pour les productions d’Hayao Miyazaki, qui a juste crée les meilleurs films d’animation de tous les temps, il fallait le dire, c’est dit!) pour le design. Sur le papier, on croirait qu’un stagiaire à fait n’importe quoi avec le matériel pour mélanger tout ce qui est à la mode, mais ça a le mérite de rendre le joueur curieux devant la jaquette. Reste à savoir ce que ça vaut manette en main.

 

Conte de fées ou pétard mouillé?

Je vais éviter de trop spoiler le scénario pour cette fois (c’est un peu plus gênant quand il s’agit d’un jeu de rôle), mais tout le monde ou presque l’aura compris en voyant la jaquette : la ressemblance avec Princesse Mononoké (si vous ne l’avez pas vu, séance de rattrapage immédiate, c’est un ordre!), sorti dans les salles deux ans auparavant, est flagrante et assumée. Avec de la poésie, du chamanisme et des bestioles par dizaines, le cocktail onirique que propose Jade Cocoon à la mérite de fonctionner malgré un niveau graphique pas exceptionnel pour son époque. Quand on sait qu’il est sorti à peu près en même temps que l’ogre Final Fantasy 8, la comparaison fait tout de même assez mal…

D’ailleurs, le deuxième défaut, et certainement le point noir du jeu, se dévoile dès les premières minutes de jeu : le maniement de Levant, le héros de l’aventure, est ATROCEMENT LOURD. En effet, les concepteurs de chez Crave ont choisi la carte de la 3D précalculée façon Resident Evil (ça améliore les graphismes, mais les mouvements sont lents et les angles de caméra fixes), ainsi que les contrôles particulièrement rigides au lieu de simplement pouvoir se diriger à la croix directionnelle.

Pour un Survival Horror en 96 c’est pardonnable, mais ici le résultat est un personnage qui donne l’air de se trimballer avec une panoplie Grand Luxe de balais dans le fondement (qui nettoient tout pour 595 Francs, si tant est qu’on arrive à les sortir du fondement susnommé), et qui devient incontrôlable au moindre contact avec un obstacle. Je trouve ça dommage que le soft se plante autant sur des défauts aussi facilement évitables, mais heureusement il lui reste encore de quoi se rattraper.

 

Les cinématiques sont à tomber, mais finalement assez rares.

Les cinématiques sont à tomber, mais finalement assez rares.

 

Rattata + Pikachu + Salameche = ?

J’en viens maintenant à ce qui est le principal intérêt de ce titre, et aussi ce qui le relie étrangement à Ni no Kuni, j’ai nommé son gameplay. Dans la pratique, si votre personnage principal peut se battre de lui-même, c’est loin d’être son rôle premier, à tel point qu’il ne tire aucune expérience au terme d’un combat. En revanche, sa fonction est de capturer des monstres qui EUX, iront au front. Pour cela, on a droit au package classique, entre attaques physiques, magiques et autres batteries de statistiques à bichonner avec amour pour massacrer tout ce qui passe à l’écran. Si vous êtes bagarreur, vu que les combats sont tous ou presque évitables.

Mais la substantifique moelle (merci Monsieur Capello!) du jeu n’est pas là. Entre deux visites au village de départ, vous avez l’occasion de gérer les monstres que vous aurez attrapé, notamment de fusionner deux créatures pour en obtenir une troisième. Et là, tout est possible! Combiner des monstres permet d’accumuler l’expérience acquise, mais aussi les capacités spéciales ou encore les immunités à certaines affections. Seul revers de la médaille, les fusions ont aussi des conséquences esthétiques, et sur ce point c’est un peu la loterie…

 

Un exemple plutôt réussi... et un délit de sale gueule caractérisée!

Un exemple plutôt réussi… et un délit de sale gueule caractérisée!

 

Recourir aux fusions pour progresser est clairement le nerf de la guerre, vu que la difficulté augmente rapidement sans les bons réflexes. Les créatures sauvages usent et abusent de la magie, n’hésitent pas à attaquer en nombre et Levant se fait rapidement pulvériser s’il est à court de monstres. Inutile de farmer les niveaux comme un porc, mais être en retard à l’expérience risque de vite s’avérer fatal. En bref, on est dans la moyenne haute pour un jeu de rôle.

 

Isolé, faible et sans défenses : profitez de l'XP facile!

Isolé, faible et sans défenses : profitez de l’XP facile!

Etre dresseur, ça demande du courage…


Bon, je juge peut-être un peu méchamment avec cette référence à Pokemon, mais le constat est clair : Jade Cocoon est un jeu original, plutôt bien pensé et riche en possibilités, mais force est de reconnaître qu’il à mal vieilli. On pourrait justifier  par le fait que Crave n’a pas le budget de SquareEnix, mais certains défauts grossiers l’empêchent d’accéder à une plus grande reconnaissance. Des contrôles foireux, des environnements pas très variés (seulement 4 zones!) et un rythme de jeu assez lent risque de rebuter pas mal de joueurs actuels. Et ce sont des défauts de conception, pas des manques de moyens.

Mais d’un autre côté, ceux qui auront la persévérance de gratter sous le vernis pourront trouver une expérience de jeu plutôt sympathique, avec un bestiaire fourni (130 spécimens, ce qui n’est pas rien) et une ambiance générale qui devrait satisfaire tout le monde, appuyée par le cachet « Ghibli » et un doublage en VF des personnages, fait rare pour un jeu Playstation. Le tout sur une grosse quinzaine d’heures de jeu mais sans grande replay value, la faute à une cruelle absence de quêtes annexes.

 

Comme dans Pokemon, on ne peut pas voler les créatures des autres... Dommage!

Comme dans Pokemon, on ne peut pas voler les créatures des autres… Dommage!

 

Au final, on se demande ce qu’aurait donné le même système de jeu avec une réalisation plus soignée. Le titre est souvent vendu à plus de 20 Euros, mais il n’en vaut pas plus d’une quinzaine pour un exemplaire complet et en bon état, à mon avis. Un gros potentiel, mais malheureusement un bon jeu, sans plus. Sur ce, il faut que je dégotte une PS3…

 

NOTE FINALE : 13/20

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