Pourquoi il faut y (re)jouer #3 : Wip3out!

Ce coup-ci, je crois que c’est une affaire personnelle, accompagnée d’un petit coup de gueule. Parce qu’avec la démocratisation du jeu vidéo (et surtout, par la course à l’armement financier), certains studios de légende sont morts dans l’indifférence générale. Psygnosis, qui a forgé ma passion et celle de beaucoup d’autres pour le jeu vidéo, était l’un d’entre eux et s’est vu infliger le coup de grâce par Sony l’année dernière, douze ans après son rachat ou il y laissa sa griffe et sa jolie tête de chouette. J’aurais pu parler de beaucoup d’autres séries cultes de l’éditeur, comme Colony Wars ou Shadow of the Beast, mais à la place je vais me pencher sur Wip3out (comprenez Wipeout 3), jeu symbole de la première Playstation.

 

On a rarement fait des jaquettes aussi réussies, même 15 ans après...

On a rarement fait des jaquettes aussi réussies, même 15 ans après…

PS : Si la série est surtout connue sur consoles Sony, les deux premiers épisodes (le Wipeout original et sa suite, 2097) ont été plus ou moins adaptés sur toutes les plateformes de leur époque : Saturn, N64, PC, Mac et même… Amiga 1200!

 

Raison n°1 : vous avez dit « design unique »?

Voilà de quoi parfaitement rebondir après ma remarque sur la jaquette. Pour une raison simple, c’est qu’une grande partie du design de cet épisode, comme des précédents, fut confié à The Designers Republic, studio connu auparavant dans le milieu de la techno anglaise. Et TOUT a été pensé pour que la série ait sa marque bien à elle : typographie, logos, design des vaisseaux, fausses voire vraies pubs insérés dans les circuits (la marque Red Bull était diffusée dans Wipeout 2097, bien avant d’être connue comme aujourd’hui!)… du coup, le côté futuriste du jeu prend un aspect particulièrement « réaliste », et même deux générations de consoles plus tard, l’ambiance globale du jeu n’a pas pris une seule ride.

Mais Psygnosis ne s’arrête pas en si bon chemin, puisqu’il nous livre l’un des jeux les plus bluffant techniquement de la PS1, mettant même une petite gifle aux Gran Turismo de chez Sony au passage. Tournant en haute résolution (512X256, la résolution de base sur PS1 étant 256X224), fluide en toutes circonstances et ne souffrant d’aucun clipping (des éléments s’affichant en retard par rapport au champ de vision du joueur, donc par à-coups), c’est à se demander comment la mamie PS1 est capable de nous sortir une telle prouesse esthétique.

Vous pensez que les jeux de cette époque sont tous à s’arracher les yeux aujourd’hui? Alors vous avez besoin d’une petite piqure de rappel… rassurez-vous, ça fait du bien.

 

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Les tunnels sont généralement en dévers pour profiter de l’inertie des vaisseaux.

Raison n°2 : vous avez dit « F-Zero VS Mario Kart » ?

Et s’il fallait résumer très rapidement, vous auriez raison… au détail près que la série Wipeout fut créée un an avant la sortie de F-Zero X, premier opus en 3D de chez Nintendo. De plus, leurs gameplays respectifs sont assez différents, le titre de Psygnosis insistant bien plus sur l’inertie. On peut en effet incliner les vaisseaux en avant ou en arrière à volonté, pour planer après un saut (les raccourcis deviennent possibles avec cette technique) ou encore pour prendre plus de vitesse en descente. Les aérofreins latéraux sont aussi beaucoup plus importants, les circuits étant globalement plus sinueux et vicieux que ceux de F-Zero.

Ça paraît très compliqué comme ça et le maniement demande un petit temps pour bien se familiariser avec, mais une fois assimilé en vitesse de base (la difficulté dépendant de la classe de vitesse que vous choisissez) c’est du bonheur en barre. Et au cas où vos talents de pilotes ne suffisent pas, la dizaine d’armes à votre disposition permet de faire le ménage comme il faut : mines, missiles, barrières laser et autres canons à plasma qui éliminent les concurrents d’un seul coup… autant de jouets rigolos, que demander de plus!

En bref, Wipeout est un peu une « simulation d’arcade », rapide à prendre en main et aux possibilités énormes. Et si vous jamais vous avez quelques potes à la maison, le 3 est jouable à  deux en écran splitté, avec la même fluidité qu’en solo. Un gros progrès comparé au mode Link assez ridicule des deux opus précédents, où il fallait simplement deux consoles, deux jeux et deux écrans!

 

A quinze mètres au-dessus de la piste, c'est forcément plus facile!

A quinze mètres au-dessus de la piste, c’est forcément plus facile!

Raison n°3 : vous avez dit « monte les basses, pour voir! » ?

Pour les deux du fond qui n’ont rien suivi, Psygnosis était (grrr…) un studio anglais, de Liverpool plus précisément. Aucun rapport avec les Beatles ici, pourtant natifs de la même ville, mais force est de reconnaître que niveau musique, nos meilleurs ennemis d’Outre-Manche sont loin d’être des baltringues.

Autant le dire tout de suite : si vous accrochez à la musique électronique, Wip3out et ses ancêtres vont vous faire exploser les tympans de bonheur. Une partie des compositions, déjà excellentes, sont l’oeuvre de Tim Wright (alias CoLD SToRAGE, compositeur interne de longue date de l’éditeur, toujours en activité depuis), mais cerise sur le gâteau, le reste est produit par la crème de la scène techno de l’époque. Si la plupart ne vous diront plus grand chose, des noms comme Prodigy ou The Chemical Brothers devraient tout de même vous rafraichir la mémoire. Bien sûr, le but de ces bandes-son est de coller à l’identité futuriste de la série, et elles y parviennent parfaitement.

D’ailleurs, petite feature bonus, les trois épisodes Playstation peuvent être lus avec n’importe quel lecteur de CD, permettant d’emporter les OST partout avec soi (même si le baladeur CD, c’est plus très hype de nos jours, il faut bien l’avouer) ! En matière de musique dans le jeu vidéo, Wipeout a été une véritable révolution, et à mon avis peu de séries peuvent se vanter de mettre autant en valeur l’aspect sonore. Je ne vois que Rez personnellement, mais si vous avez d’autres exemples à donner, n’hésitez pas.

PS : petite indication pour le premier épisode et le 2097, leurs bandes-son sont différentes selon les versions et les consoles. Les adaptations Saturn notamment, sorties en décalé, ont eu droit à quelques thèmes supplémentaires.

(Un extrait de l’OST de Wip3out. A déconseiller aux subwoofers sensibles.)

 

Je voulais à l’origine aborder les 3 premiers opus en même temps, mais j’ai préféré me concentrer sur le troisième par souci de clarté, même si je fais tout de même beaucoup d’apartés sur ses deux grands frères. C’est une série auquel je tiens beaucoup, et un éditeur qui mérite qu’on en garde le souvenir. Dans une époque où les jeux AAA sans saveur ni audace pullulent, se remettre de temps en temps sur des créations de gens passionnés fait un bien fou. Et puis, c’est mignon une chouette, quand même…

 

 

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